0076/HAAC/01-2023/pl/P
Depuis l’instauration du régime parlementaire et l’adoption des réformes constitutionnelles au Togo, les autorités multiplient les déclarations sur la nécessité de bâtir une gouvernance plus inclusive et socialement juste. Ces engagements, relayés dans les débats publics et les communications institutionnelles, nourrissent de grands espoirs parmi les citoyennes et citoyens. Mais au-delà des textes et des discours, c’est sur le terrain social que se jouera la crédibilité de ces réformes.

Pour M.KAYO Lètou, Consultant en gouvernance locale, en politique de développement et en résolution des conflits communautaires et acteur engagé de la société civile togolaise, les citoyens ne jugent pas une réforme à travers sa technicité juridique, mais à travers ses effets concrets sur leur quotidien : emploi, pouvoir d’achat, accès aux soins, à l’éducation, à l’eau potable, à l’électricité, au logement et aux opportunités économiques.
Dans les communes urbaines comme dans les zones rurales, les réalités restent préoccupantes : chômage des jeunes, précarité des femmes, vie chère, inégalités territoriales et difficultés d’accès aux services sociaux de base.
M.KAYO Lètou affirme que le changement de régime ne doit pas être perçu comme une simple réorganisation institutionnelle. Il doit devenir un instrument d’amélioration des conditions de vie. Les réformes n’ont de sens que lorsqu’elles produisent des résultats tangibles : Création d’emplois et soutien aux jeunes entrepreneurs. Renforcement des politiques sociales. Amélioration des infrastructures communautaires. Protection des couches vulnérables. Consolidation de la justice sociale
Les populations attendent une gouvernance fondée sur l’écoute, la transparence, la redevabilité et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques, tant au niveau central que local. La redistribution des fruits de la croissance économique doit profiter au plus grand nombre et non à une minorité. Les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les acteurs communautaires et les institutions publiques ont une responsabilité collective : encourager le dialogue citoyen, la participation communautaire et le contrôle citoyen de l’action publique.
Le véritable succès du régime parlementaire se mesurera à la qualité de vie des populations, à la réduction des inégalités sociales et à la restauration de la dignité des citoyens. Les réformes politiques ne peuvent s’enraciner durablement sans une réponse forte aux urgences sociales. Les Togolais attendent désormais des actes structurés autour de trois axes majeurs : Protéger les plus vulnérables. Rassembler autour d’une gouvernance inclusive. Transformer les conditions de vie par des actions concrètes.

Pour le citoyen KAYO Lètou, le moment est décisif : les discours porteurs d’espoir doivent céder la place à des actes mesurables et durables. La stabilité institutionnelle et la paix sociale dépendront de la capacité des dirigeants à répondre efficacement aux urgences sociales et à restaurer la dignité des citoyennes et citoyens togolais loin des considérations politiques, partisanes, sociales, ethniques, religieuses ou culturelles…





