0076/HAAC/01-2023/pl/P
Alors que les écoles privées togolaises prospèrent grâce aux frais de scolarité élevés, une réalité inquiétante persiste : la majorité des enseignants ne bénéficient ni de contrats de travail conformes à la loi ni d’une couverture sociale. Entre précarité, absence de déclaration à la CNSS et non‑adhésion à l’Assurance Maladie Universelle (AMU), le secteur éducatif privé soulève de graves questions sur le respect des droits du personnel enseignant.
Au Togo, les écoles privées représentent une part croissante du paysage éducatif. Pourtant, derrière les façades modernes et les slogans de qualité, les conditions de travail des enseignants restent alarmantes. La plupart sont recrutés sans contrats 12/12, c’est‑à‑dire sans engagement annuel complet, ce qui les prive de stabilité et de sécurité professionnelle.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès d’enseignants du Grand Lomé et des régions, les promoteurs préfèrent des contrats saisonniers pour éviter les charges sociales et contourner les obligations légales liées à la CNSS et à l’AMU. Cette pratique, bien qu’illégale, est devenue monnaie courante dans le secteur.
La déclaration à la CNSS implique des versements mensuels que beaucoup de fondateurs jugent “trop lourds”. Certains établissements fonctionnent comme des entreprises lucratives, où la rentabilité prime sur la dignité du personnel. Le manque de suivi du ministère de l’Enseignement et des inspections du travail favorise ces abus. Quelques promoteurs invoquent une ignorance des procédures administratives, mais la plupart agissent délibérément pour réduire leurs coûts.
Cette précarité a des effets directs sur la qualité de l’enseignement : démotivation du corps enseignant, contraint de cumuler plusieurs emplois, fuite des talents vers le secteur public ou vers l’étranger, injustice sociale ;les enseignants, pourtant piliers du système éducatif, vivent sans sécurité ni reconnaissance.
Les syndicats d’enseignants et les associations éducatives réclament une application stricte du Code du travail et une vérification systématique des déclarations auprès de la CNSS et de l’AMU dans les écoles privées. L’État est appelé à instaurer un cadre de régulation transparent et à sanctionner les établissements qui bafouent les droits des travailleurs.





