Togo/Firmin Teko-Agbo : “Réagir à Trimua, c’est révéler sa fébrilité politique”

Dans une tribune incisive, le journaliste et chroniqueur politique Firmin Teko-Agbo s’est livré à une analyse critique de la réaction de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) à la publication de l’universitaire Christian Trimua sur la Constitution togolaise du 6 mai 2024. Pour lui, la réponse du parti d’opposition traduit davantage une fragilité intellectuelle et politique qu’une véritable posture de débat.

« Je ne comprends pas l’ANC… mais je la comprends », écrit-il en ouverture, avant de développer une argumentation dense sur la nature du régime parlementaire togolais et la pertinence du concept de césarisme évoqué par Trimua. Selon Teko-Agbo, la réaction de l’ANC démontre une méconnaissance du texte constitutionnel et de son esprit : « Réagir dénote que vous n’avez jamais lu la Constitution du 6 mai 2024 », affirme-t-il, estimant que le parti reste prisonnier des schémas de 2024 et peine à s’adapter à la logique de la Ve République.

Le chroniqueur rappelle que Trimua, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé, s’adressait avant tout au monde académique et non aux acteurs politiques. En ce sens, la réponse de l’ANC serait, selon lui, une erreur de cible : « Trimua ne parlait pas à vous, il parlait à l’université », souligne-t-il, reprochant au parti de confondre débat scientifique et confrontation partisane.

Firmin Teko-Agbo revient également sur la notion de césarisme pour relativiser les critiques adressées au régime actuel. Il rappelle que des formes de concentration du pouvoir existaient déjà sous Sylvanus Olympio, qu’il qualifie de « premier César » du Togo moderne : « Sous Olympio, il était Premier ministre, chef du gouvernement, ministre des affaires étrangères et chef des armées », écrit-il, avant de rappeler que la Constitution de 1961 avait encore renforcé ce pouvoir personnel.

Pour le journaliste, l’ANC commet une incohérence en dénonçant le césarisme de la Ve République tout en glorifiant celui de son “idole” historique. « Vous faites une chose et son contraire », tranche-t-il, estimant que le parti devrait davantage se concentrer sur le bien-être des Togolais que sur la forme du régime.

En conclusion, Teko-Agbo cite Me Jean Yaovi Degli, ancien ministre et avocat : « Aucune Constitution n’a jamais construit de pont ». Une phrase qu’il interprète comme un appel à dépasser les querelles institutionnelles pour répondre aux attentes sociales : « Peu importe la nature du régime politique, ce que les Togolais veulent, c’est le bien-être. »

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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