0076/HAAC/01-2023/pl/P
L’interpellation et la radiation de plusieurs fonctionnaires du ministère chargé de la Fonction publique, récemment rattaché à la Présidence du Conseil, marquent une étape décisive dans la lutte contre la fraude administrative. Ces mesures traduisent une volonté politique affirmée de mettre fin aux pratiques de falsification de signatures, d’usurpation de titres et d’irrégularités graves qui minent la crédibilité de l’État.
Les interrogations de la société civile
Pour M. KAYO Lètou, consultant en gouvernance locale et acteur de la société civile, ces sanctions ne doivent pas occulter une question essentielle : la chaîne des responsabilités. Selon lui, il serait incompréhensible que seuls les agents subalternes portent le poids des fautes, alors que les ministres, secrétaires généraux et directeurs disposent du pouvoir hiérarchique et des mécanismes de validation des actes administratifs.
« Des actes aussi graves ne peuvent prospérer sans défaillances dans le contrôle interne ou complicités à différents niveaux », souligne-t-il.
La société civile appelle à une gouvernance exemplaire où les sanctions sont impartiales, équitables et appliquées à tous les niveaux. La lutte contre la corruption et la fraude ne peut être crédible que si elle touche toutes les catégories d’acteurs, du simple agent jusqu’aux plus hautes autorités administratives et politiques.
M. KAYO Lètou félicite le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour avoir concrétisé sa promesse de mettre fin aux fraudes dans la gestion publique. Mais il l’invite à aller plus loin : garantir une justice administrative équilibrée, sans sélectivité ni protection fondée sur le rang ou la fonction.
L’assainissement de l’administration publique ne doit pas être une opération ponctuelle ou une stratégie de communication politique. Il doit s’agir d’une réforme profonde, fondée sur : Renforcement des contrôles institutionnels, traçabilité des actes administratifs, contrôle citoyen de l’action publique, protection des lanceurs d’alerte, digitalisation des procédures, responsabilisation hiérarchique, égalité devant la loi
Dans un régime parlementaire, la gouvernance transparente et redevable ne se mesure pas seulement à la capacité de sanctionner les fautes. Elle se juge surtout à la capacité d’être juste, impartiale et exemplaire dans l’application des responsabilités liées à la gestion des affaires publiques.





