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Le licenciement de plus de cinquante fonctionnaires pour fraudes documentaires et faux diplômes est présenté par le gouvernement togolais comme une avancée majeure vers la probité et la responsabilité. Mais cette mesure radicale soulève aussi des interrogations : s’agit-il d’une véritable réforme administrative ou d’une opération de communication destinée à montrer une fermeté politique ?
Certains des agents radiés étaient en poste depuis plus de vingt ans. Pour les autorités, l’ancienneté ne saurait effacer les irrégularités. Mais pour les critiques, cette décision révèle surtout l’incapacité de l’administration à détecter et sanctionner les fraudes au moment opportun. Pourquoi attendre deux décennies pour agir ?
Depuis le rattachement du ministère de la Fonction publique à la Présidence du Conseil, la réforme est suivie au sommet de l’État. Faure Essozimna Gnassingbé affiche une volonté de rigueur. Pourtant, des voix dénoncent une réforme sélective, qui pourrait servir à écarter certains fonctionnaires jugés encombrants ou politiquement indésirables. La frontière entre justice administrative et règlement de comptes reste floue.
Le discours officiel insiste sur le mérite et la probité. Mais dans une société où les pratiques de complaisance ont longtemps été tolérées, cette rupture brutale peut aussi fragiliser des familles et accentuer le sentiment d’injustice. Les fonctionnaires radiés, même fautifs, sont-ils les seuls responsables ? Ne faut-il pas interroger aussi les mécanismes de recrutement, de contrôle et de promotion qui ont permis ces irrégularités ?
Cette vague de licenciements peut être perçue comme un signal fort contre la fraude. Mais elle peut aussi être interprétée comme une démonstration de pouvoir, où la transparence administrative se mêle à la volonté politique de montrer l’autorité de l’État. Le Togo se trouve face à un dilemme : bâtir une administration crédible ou risquer de transformer la réforme en instrument de peur et de suspicion.





