Togo – Russie : Lomé et Rosatom ouvrent la voie à une coopération dans le nucléaire civil

Le Togo poursuit sa diversification énergétique en se tournant vers le nucléaire civil. À Moscou, en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, le gouvernement togolais et la société publique russe Rosatom ont signé un mémorandum d’entente destiné à renforcer leur coopération dans l’utilisation pacifique des technologies nucléaires. Un accord qui couvre plusieurs secteurs stratégiques, allant de la production d’électricité à la santé, en passant par l’agriculture et la formation.

Le 28 octobre 2026, le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières du Togo et le géant russe du nucléaire Rosatom ont officiellement conclu un mémorandum d’entente visant à développer leur collaboration dans le domaine du nucléaire civil.

Le document a été signé par Alexey Likhachev, directeur général de Rosatom, et Robert Koffi Messan Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie de la République togolaise. La cérémonie s’est déroulée à Moscou en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, illustrant le renforcement des relations entre les deux pays dans le domaine des infrastructures stratégiques.

Selon les termes de l’accord, la coopération envisagée ne se limite pas à la production d’électricité. Les deux parties entendent également explorer les applications des technologies nucléaires dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de la recherche scientifique et du développement industriel.

Dans le domaine médical, les technologies nucléaires sont notamment utilisées pour le diagnostic, l’imagerie et le traitement de certaines pathologies, notamment les cancers. En agriculture, elles peuvent contribuer à l’amélioration des semences, à la lutte contre les ravageurs ou encore à la conservation des produits alimentaires.

Parmi les solutions évoquées figure également le recours éventuel à des unités flottantes de production d’électricité, une technologie que Rosatom développe déjà dans certains marchés internationaux. Toutefois, les autorités n’ont annoncé aucun projet concret de centrale nucléaire flottante au Togo. Le mémorandum établit avant tout un cadre de coopération et d’échanges techniques, sans engagement immédiat de construction.

La formation des ressources humaines constitue un autre pilier de l’accord. Le texte prévoit des échanges d’expertise, le développement des compétences nationales ainsi que l’accompagnement du Togo dans la mise en place des infrastructures et des capacités institutionnelles nécessaires à toute utilisation future des technologies nucléaires.

Les deux partenaires entendent également travailler sur la sensibilisation du public aux usages pacifiques de l’énergie nucléaire, un enjeu majeur dans un contexte où cette technologie suscite encore de nombreuses interrogations en Afrique.

Pour le Togo, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de son mix énergétique et de recherche de solutions durables pour accompagner l’industrialisation et répondre à la croissance de la demande en électricité. Pour Rosatom, elle confirme la volonté de la Russie de renforcer sa présence sur le continent africain à travers des partenariats technologiques de long terme.

Si cet accord ne signifie pas l’arrivée prochaine d’une centrale nucléaire sur le territoire togolais, il marque néanmoins une étape importante dans l’ouverture du pays aux technologies nucléaires civiles et pourrait constituer le point de départ d’une coopération appelée à se développer dans les années à venir.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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