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Une vidéo publiée par le média en ligne Capture Media ce 3 juin 2026 remet sur le devant de la scène une affaire vieille de près de quatre ans. En septembre 2022, Ahiatsi Yesudem, jeune activiste togolais et étudiant en Sciences politiques à l’Université de Kara, avait reçu un prix d’excellence en Afrique francophone dans le cadre du concours « Jeunesse engagée pour l’égalité » organisé par la Francophonie.
Dans un courrier adressé à Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, alors Président de la République, le jeune homme dédiait ce prix au Chef de l’État, non pour flatter le pouvoir, mais pour « l’honorer aux yeux de tous les pays d’Afrique francophone ». Le courrier, réceptionné le 29 septembre 2022 par le Cabinet présidentiel, mentionnait l’envoi du trophée en pièce jointe.
À la suite de cette correspondance, un conseiller à la présidence, M. René Kapou, fut chargé de recevoir le jeune étudiant et de le féliciter au nom du Président. L’entretien eut lieu, un compte rendu fut transmis, et l’histoire semblait close.
Mais quatre ans plus tard, le dossier refait surface. Ahiatsi Yesudem et son père affirment qu’une bourse d’études aurait été promise au jeune homme et qu’elle aurait été détournée au profit d’une autre personne. Ils dénoncent également un blocage d’accès au Président du Conseil depuis 2022 et évoquent des « mains obscures » agissant dans l’ombre du palais.
Les vérifications menées indiquent qu’il n’a jamais été question de bourse lors de l’entretien initial. En réalité, la présidence de la République n’octroie pas de bourses : cette compétence relève de la Direction des bourses et stages, qui gère les dossiers selon des critères de mérite et de procédure.
Une bourse d’État implique un suivi complet du visa à la fin des études, en passant par l’hébergement, les assurances, les frais de scolarité et une rente mensuelle. Il serait donc improbable que la présidence s’immisce dans ce processus sans cadre légal.
La confusion semble venir d’une interprétation erronée du geste symbolique de 2022. Dédier un prix au Chef de l’État ne crée aucun droit à une récompense ou à une bourse. De nombreux citoyens adressent des distinctions au Président, lesquelles sont archivées sans contrepartie.
Si Ahiatsi Yesudem affirme qu’un « usurpateur » aurait bénéficié de la bourse à sa place, il serait logique de publier l’identité de cette personne et de recontacter M. Kapou pour clarifier les faits. Sans cela, les accusations demeurent spéculatives.
Cette affaire illustre une tendance récurrente au Togo : la propension à transformer des faits administratifs simples en polémiques publiques. Entre incompréhension et suspicion, le dossier Ahiatsi Yesudem rappelle l’importance de la vérification des sources et du respect des procédures.
Avant de crier au scandale, il faut s’interroger : où s’arrête la légitime revendication et où commence la manipulation de l’opinion ?






