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À Yaoundé, l’affaire de la sœur Bibono Germaine, prédicatrice autoproclamée, illustre les dérives de certaines pratiques religieuses mêlant foi et promesses d’Éldorado. En séjour au Cameroun, elle avait créé un groupe WhatsApp où elle affirmait, par « l’onction de l’esprit Saint », faciliter les voyages vers l’Europe et le Canada. Plus de 60 millions de FCFA auraient été collectés auprès de fidèles en quête d’émigration.
Les promesses de départ se sont rapidement transformées en une sorte de « baptême collectif à sec », laissant les victimes dans l’attente. Portée disparue, la femme au foulard bleu continuait pourtant à exhorter ses adeptes à « garder la foi » et à se souvenir de « l’éternel, pilote ultime de l’avion céleste ». Sa réapparition au Secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé, suivie d’une nouvelle disparition, a renforcé le mystère autour de son sort. Certains ironisent même sur une « ascension céleste » à l’image de la Vierge Marie.

Cette affaire met en lumière les schémas récurrents d’escroqueries religieuses exploitant la détresse sociale et le rêve migratoire. Elle relance le débat sur la régulation des mouvements religieux informels et la protection des fidèles contre les abus de confiance. Dans un contexte où l’aspiration à l’exil est forte, la vigilance des autorités et la sensibilisation des populations apparaissent comme des impératifs pour éviter que la foi ne devienne un instrument de manipulation.





