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Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice en République démocratique du Congo, se présente aujourd’hui comme un martyr politique. Dans ses déclarations, il affirme avoir été “poignardé” par un complot venu du Rwanda et relayé par des compatriotes. Face à ce qu’il décrit comme une “mafia” déterminée à l’abattre, il dit préférer “boire la ciguë comme Socrate” plutôt que de céder.
Mais derrière cette posture dramatique se cache un scandale retentissant : Mutamba est accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars destinés à la construction de la prison de Kisangani. Une affaire qui a précipité la chute de celui qui s’était autoproclamé “justicier” anticorruption. Ses détracteurs ironisent : l’homme qui promettait la peine de mort aux voleurs de deniers publics et aux “kulunas” – ces bandes urbaines surnommées “microbes” – aurait été piégé par la même corruption qu’il jurait d’éradiquer.
Dans ses sorties médiatiques, Mutamba dénonce une “mafia” sans jamais la nommer. Paradoxalement, il continue d’encenser le président Félix Tshisekedi, alias “Fatshi”, engagé dans une bataille controversée pour un troisième mandat. Cette fidélité interroge : est-il réellement partisan de l’alternance politique, ou cherche-t-il à se maintenir dans le giron du pouvoir malgré ses déboires ?
Populaire grâce à ses réformes judiciaires, Mutamba était-il devenu trop visible pour un système qui tolère mal les figures ascendantes ? Ses promesses de “dire la vérité” laissent planer le doute : le Rwanda a-t-il réellement commandité un complot contre lui, ou s’agit-il d’un coup de théâtre destiné à détourner l’attention de ses propres responsabilités ?
Reste une interrogation centrale : le “révolutionnaire” Constant Mutamba va-t-il vraiment avaler le poison qu’il brandit comme symbole de son sacrifice, ou cette menace n’est-elle qu’une mise en scène politique destinée à réécrire sa chute ?





