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Treize ans après un crime qui avait bouleversé l’opinion publique ghanéenne, la Cour suprême du Ghana a confirmé la condamnation à mort d’une femme et de ses deux complices reconnus coupables de l’assassinat prémédité de son époux. Derrière ce qui avait été présenté comme un simple cambriolage se cachait en réalité un complot mûrement préparé pour éliminer un mari devenu gênant.
Le 29 juillet 2026, la plus haute juridiction du Ghana a définitivement scellé le sort de Salamatu, connue sous le surnom de « Mère », ainsi que celui de ses complices Awudu Alhassan Sulemana, alias « Dozer », et Abdul Rahaman. Les trois accusés ont vu leur condamnation à mort confirmée dans une affaire criminelle qui aura traversé plus d’une décennie avant de connaître son épilogue judiciaire.
Les faits remontent au 15 juin 2013 dans le quartier d’ACP Estates, près de Pokuase, dans la région du Grand Accra. Ce jour-là, Abdul est retrouvé mort à son domicile. Aux enquêteurs, son épouse Salamatu affirme que des voleurs se sont introduits dans la maison et ont tué son mari au cours d’un cambriolage.
Cette version va cependant rapidement susciter des interrogations. Les investigations menées par les forces de sécurité révèlent progressivement des incohérences qui conduisent les enquêteurs à explorer d’autres pistes.
Au fil de l’enquête, le scénario du cambriolage s’effondre. Les éléments recueillis démontrent que le meurtre n’était pas l’œuvre d’inconnus mais le résultat d’un plan élaboré plusieurs mois auparavant.
Selon les conclusions de l’enquête et les éléments retenus par la justice, Salamatu entretenait une relation amoureuse avec un ressortissant blanc vivant aux États-Unis. Désireuse de poursuivre cette relation et d’envisager un mariage avec son nouvel amant, elle considérait son époux comme un obstacle à ses projets.
Quatre mois avant les faits, elle aurait ainsi approché son frère, Awudu Alhassan Sulemana, pour évoquer ses intentions. Elle lui aurait expliqué sa relation avec cet homme et son souhait de voir disparaître son mari. Elle aurait également accusé celui-ci de violences conjugales.
Les investigations ont permis d’établir que cette démarche ne relevait pas d’une simple confidence mais constituait le point de départ d’un véritable complot criminel.
Les preuves recueillies par les enquêteurs ont démontré que les accusés avaient préparé l’élimination d’Abdul en organisant une attaque destinée à faire croire à un vol ayant mal tourné.
Le jour du drame, les auteurs du crime sont passés à l’action. Après l’assassinat, le récit du cambriolage a été présenté comme une tentative destinée à détourner l’attention des autorités et à empêcher toute suspicion de se porter sur l’épouse de la victime.
Cependant, les recoupements effectués par les enquêteurs, les témoignages et les éléments matériels ont permis de mettre au jour les véritables circonstances du décès.
L’affaire a donné lieu à de nombreuses procédures devant les juridictions ghanéennes. Au terme du procès, les accusés ont été reconnus coupables de meurtre avec préméditation et condamnés à la peine capitale.
Contestant cette décision, ils ont multiplié les recours dans l’espoir d’obtenir l’annulation du verdict ou une réduction de peine. Mais après plusieurs années de bataille judiciaire, la Cour suprême a finalement confirmé les condamnations prononcées.
Cette décision met pratiquement un terme à l’un des dossiers criminels les plus médiatisés de ces dernières années au Ghana.
Au-delà du caractère tragique du drame, cette affaire illustre la détermination de la justice ghanéenne à sanctionner sévèrement les crimes prémédités. Elle rappelle également que les tentatives visant à maquiller un homicide en accident ou en cambriolage peuvent être déjouées grâce au travail d’enquête et aux procédures judiciaires.
Treize ans après la mort d’Abdul, le dossier trouve ainsi son dernier acte devant la Cour suprême, qui a confirmé la responsabilité pénale des trois accusés dans un crime ayant détruit une famille et profondément marqué l’opinion publique du pays.





