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Les fonds laissés par les utilisateurs sur leurs comptes Orange Money et MTN MoMo ne restent pas inactifs dans le système financier. Conservés dans des comptes bancaires dédiés selon le principe du cantonnement, ces montants peuvent générer des rémunérations versées aux établissements de paiement. Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), ces revenus ont atteint 18,2 milliards de FCFA dans la zone CEMAC en 2024, illustrant la puissance économique du modèle Mobile Money.
Lorsque des millions d’utilisateurs conservent de l’argent sur leurs comptes Mobile Money, les montants cumulés représentent des masses financières considérables. Contrairement à une idée répandue, les fonds déposés sur un portefeuille Mobile Money ne sont pas conservés directement dans un téléphone, mais sont adossés à des fonds réels placés dans des comptes bancaires spécifiques, conformément aux exigences réglementaires.
Ce mécanisme, appelé cantonnement des fonds, impose aux établissements de paiement de déposer auprès de banques partenaires l’équivalent des soldes détenus par les utilisateurs sur leurs portefeuilles électroniques. Les clients disposent ainsi à tout moment de leurs fonds, tandis que les sommes correspondantes sont sécurisées dans le système bancaire.
Dans certains cas, ces fonds cantonnés peuvent faire l’objet d’une rémunération par les établissements bancaires qui les hébergent. Cette rémunération constitue alors une source de revenus supplémentaire pour les opérateurs de Mobile Money, en plus des commissions perçues sur les transferts, paiements ou retraits.
Pour illustrer ce mécanisme, un volume moyen de 100 milliards de FCFA placé dans des comptes de cantonnement et rémunéré à un taux annuel de 4 % générerait théoriquement 4 milliards de FCFA de revenus sur une année. Ce scénario est purement indicatif et ne reflète pas nécessairement les conditions financières effectivement appliquées aux opérateurs de Mobile Money.
Les chiffres du secteur témoignent néanmoins de l’importance croissante de cette source de revenus. Selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), les comptes de cantonnement des établissements de paiement de la zone CEMAC ont généré 18,2 milliards de FCFA de rémunérations en 2024, contre 7 milliards de FCFA en 2023, soit une progression significative en un an.
Cette réalité met en lumière l’un des piliers du modèle économique des services financiers numériques. Les opérateurs ne dépendent pas uniquement du volume de transactions réalisées par leurs clients ; ils bénéficient également de l’écosystème financier créé autour des fonds déposés dans leurs plateformes, dans le respect des réglementations en vigueur.
Toutefois, ces revenus ne signifient pas que les utilisateurs sont directement prélevés ou que leur argent est indisponible. Les soldes demeurent accessibles selon les conditions d’utilisation des services. En revanche, la question du partage éventuel de ces rémunérations avec les détenteurs de comptes Mobile Money continue d’alimenter les débats dans plusieurs pays africains, les portefeuilles électroniques étant généralement considérés comme des instruments de paiement et non comme des produits d’épargne rémunérés.
Au-delà du secteur financier, ce modèle illustre la manière dont les entreprises modernes cherchent à diversifier leurs sources de revenus en développant des mécanismes de création de valeur complémentaires à leur activité principale, tout en respectant les exigences réglementaires propres à leur domaine.
Source : Rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) sur la supervision du secteur financier dans la CEMAC ; données relatives à la rémunération des comptes de cantonnement des établissements de paiement.





