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L’Afrique produit de plus en plus de contenus audiovisuels, mais peine encore à transformer cet élan créatif en une puissance industrielle capable de rivaliser sur la scène mondiale. À l’occasion de l’inauguration des studios Mancala à Abidjan, Michel Mutombo-Cartier, directeur général des chaînes A+ et A+ IVOIRE, plaide pour une nouvelle étape : structurer l’industrie, lutter contre le piratage et favoriser la circulation des œuvres africaines sur l’ensemble du continent.
L’essor des productions africaines au cours de la dernière décennie a profondément modifié le paysage audiovisuel du continent. Séries, films et programmes de divertissement rencontrent désormais un public de plus en plus large, aussi bien en Afrique qu’au sein de la diaspora. Pourtant, selon Michel Mutombo-Cartier, la question centrale n’est plus celle de la production de contenus mais de leur rentabilité et de leur industrialisation.
Pour le dirigeant d’A+ et d’A+ IVOIRE, l’un des principaux défis consiste à permettre aux œuvres africaines de générer suffisamment de revenus pour financer durablement de nouvelles créations. Cela passe notamment par la capacité de rentabiliser une fiction sur plusieurs saisons, comme le font les grands groupes audiovisuels internationaux.
L’autre enjeu majeur réside dans la circulation des contenus entre les différents espaces linguistiques du continent. Les productions francophones, anglophones et lusophones évoluent encore trop souvent dans des marchés distincts malgré une demande croissante du public pour des histoires africaines.
Le développement de partenariats avec des acteurs panafricains tels que MultiChoice apparaît dès lors comme une opportunité stratégique. L’objectif est de permettre à une série produite à Abidjan, Dakar ou Lagos de conquérir rapidement plusieurs marchés africains et d’élargir son audience au-delà de son pays d’origine.
Parmi les obstacles les plus importants figure également le piratage audiovisuel. Chaque année, des œuvres sont diffusées illégalement sur de multiples plateformes, privant les producteurs et les diffuseurs de ressources essentielles.
Selon les professionnels du secteur, la protection des droits d’auteur demeure une condition indispensable à l’émergence d’une industrie compétitive. Sans mécanismes efficaces de lutte contre la diffusion illégale, les investissements dans la création restent fragilisés.
L’inauguration des studios Mancala à Abidjan illustre cette volonté de renforcer les capacités de production du continent. Ces infrastructures doivent permettre d’améliorer la qualité technique des contenus africains et d’offrir aux créateurs des outils adaptés aux standards internationaux.
Au-delà de l’aspect technologique, cette démarche traduit une ambition plus large : faire de l’Afrique non plus seulement un espace de création, mais un véritable pôle industriel de l’audiovisuel capable d’exporter ses productions à l’échelle mondiale.
Pour Michel Mutombo-Cartier, l’avenir de l’audiovisuel africain dépendra de la capacité des acteurs du secteur à transformer l’intérêt croissant du public pour les contenus locaux en un modèle économique durable.
Le continent dispose déjà de talents, d’histoires et d’un marché en pleine expansion. Le prochain défi consiste désormais à structurer les filières, attirer les investissements, protéger les créations et favoriser la diffusion des œuvres à grande échelle.
« Le défi est de transformer la demande de contenus africains en puissance industrielle », résume le dirigeant. Une ambition qui pourrait bien constituer l’une des clés du rayonnement culturel et économique de l’Afrique dans les années à venir.









