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Un nouveau rebondissement secoue la Mission de Gbanamè. Césaire Agossa, connu sous le nom d’Éminence Simon Cardinal Agossa, figure centrale du mouvement, a annoncé son départ et engagé une procédure judiciaire contre Vicentia Tchranvou-Kinni, dite Daagbo.
Au sein de Gbanamè, Césaire Agossa cumulait des titres impressionnants : chargé de la communication, des relations institutionnelles, du clergé, de la formation des prêtres et des congrégations religieuses. Promoteur de la Radio Trait d’Union Bohicon et fondateur d’écoles privées, il était également à l’origine des actes créateurs de la Sainte Église de Gbanamè.
Après avoir pris une part active dans la structuration du mouvement, Agossa s’est retiré de la mission. Dans un geste symbolique, il a fait enlever la toiture du hangar qui servait de paroisse dans sa maison, empêchant ainsi la tenue des messes de Gbanamè chez lui. Plus encore, il a décidé d’assigner Daagbo en justice, l’accusant de lui avoir extorqué des sommes importantes.
Le départ d’Agossa intervient dans un contexte lourd : la Mission de Gbanamè est accusée d’avoir dépouillé des milliers de fidèles à hauteur de centaines de milliards de FCFA. De nombreux adeptes ont été ruinés, certains emprisonnés, d’autres décédés de chagrin. Agossa, longtemps considéré comme l’un des piliers du système, se retrouve désormais en position de dénonciateur.
La question qui taraude l’opinion est celle de la crédibilité de son revirement. Comment un haut cadre, promoteur d’institutions éducatives et médiatiques, a-t-il pu croire et faire croire qu’une jeune femme n’ayant que le BEPC était une divinité et le « Créateur » ? Lui qui s’agenouillait devant elle, comment la considère-t-il désormais ? Va-t-il l’appeler par son prénom, Vicentia, et la traduire devant les tribunaux comme une simple citoyenne ?
Cette rupture met en lumière les dérives sectaires et les manipulations qui ont marqué l’histoire récente de Gbanamè. Elle ouvre aussi un nouveau chapitre judiciaire qui pourrait révéler l’ampleur des pratiques financières et des responsabilités individuelles. Pour les fidèles, c’est une désillusion supplémentaire ; pour la société béninoise, un rappel des dangers liés aux mouvements religieux opaques et non régulés.
Cet épisode illustre la fragilité des structures religieuses autoproclamées et la nécessité d’un contrôle institutionnel plus rigoureux. Le départ d’Agossa, loin d’être anodin, pourrait accélérer la dislocation du mouvement et offrir aux victimes une opportunité de vérité devant les tribunaux.





