0076/HAAC/01-2023/pl/P
L’histoire de L. M., jeune coiffeuse de formation, illustre les contradictions sociales et économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes en quête d’autonomie professionnelle. Vivant seule, avec un loyer mensuel de 20 000 francs CFA, elle avait rejoint en mars 2026 un réseau de prostitution après avoir quitté son emploi dans un salon de coiffure où ses conditions salariales étaient jugées insatisfaisantes.
Pour réunir les fonds nécessaires à l’ouverture de son propre salon, elle publiait ses photos sur WhatsApp et Facebook, recevant ses clients dans des hôtels à raison de 5 000 francs CFA par prestation. « Je réunissais l’argent pour pouvoir acheter les matériels afin de commencer mon activité. Je suis coiffeuse. Depuis que j’exerce cette activité, j’ai eu 150 000, 200 000 », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
La procureure, soulignant le paradoxe de sa situation, a jugé incohérent qu’elle se dise dans le besoin tout en assumant un loyer relativement élevé. Face à la barre, L. M. a exprimé ses regrets : « Si je sors de prison, je compte reprendre la coiffure. Je regrette ce que j’ai fait. »
Ce témoignage met en lumière la fragilité des parcours professionnels dans un contexte où l’accès au financement et à l’emploi stable demeure limité. La volonté de créer son propre salon de coiffure, symbole d’indépendance et de dignité, s’est heurtée à la dure réalité économique, poussant la jeune femme vers une activité illégale.
Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge les politiques de soutien à l’entrepreneuriat féminin, la protection sociale et l’encadrement des métiers artisanaux. Elle rappelle que l’absence de dispositifs accessibles pour accompagner les jeunes professionnelles peut conduire à des dérives, où la survie immédiate prend le pas sur la légalité et la dignité.





