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Le débat sur la possibilité d’un troisième mandat pour Félix Antoine Tshisekedi en République démocratique du Congo (RDC) s’inscrit dans une histoire africaine marquée par des précédents lourds de conséquences.
En 2014, Blaise Compaoré avait tenté de modifier l’article 37 de la Constitution burkinabè pour se maintenir au pouvoir. Cette initiative déclencha une insurrection populaire qui le contraignit à fuir, trouvant refuge en Côte d’Ivoire. Quelques années plus tôt, en 2011, Alassane Ouattara affirmait que la jeunesse africaine était « fatiguée de voir les mêmes visages ». Pourtant, après la mort de son dauphin Amadou Gon Coulibaly, il choisit de briguer un nouveau mandat, invoquant un « devoir », selon les mots d’Emmanuel Macron. Il en est aujourd’hui à son quatrième mandat.
Le troisième mandat est devenu un seuil à haut risque. Alpha Condé en Guinée et Ali Bongo au Gabon ont été renversés après l’avoir franchi. Dans les deux cas, les commissions électorales avaient validé leur victoire, mais les populations sont sorties célébrer leur chute, révélant un décalage entre légitimité institutionnelle et adhésion populaire.
La question centrale est donc : y a-t-il en Afrique des dirigeants réélus sans réelle adhésion populaire, simplement maintenus par des systèmes verrouillés ? Paul Biya au Cameroun, Teodoro Obiang en Guinée équatoriale, Denis Sassou Nguesso au Congo et Faure Gnassingbé au Togo cumulent des décennies au pouvoir, sans alternance.
Dans ce contexte, Félix Tshisekedi prend un risque majeur en envisageant un troisième mandat. Une coalition de protestation est déjà en place, et les manifestations du 12 juin 2026 à Kinshasa, réprimées dans le sang, montrent que la contestation est bien réelle. La RDC pourrait ainsi rejoindre la liste des pays où la volonté de prolonger le pouvoir au-delà des limites constitutionnelles déclenche une crise politique profonde.
Le cas Tshisekedi illustre une dynamique récurrente en Afrique : le troisième mandat comme point de bascule entre stabilité institutionnelle et insurrection populaire. L’histoire récente démontre que ce seuil est rarement franchi sans conséquences. La question reste ouverte : écoutera-t-il les voix de la contestation ou choisira-t-il la voie du verrouillage politique ?





