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À Kinshasa, une mère de famille mariée depuis douze ans et mère de cinq enfants disparaît brusquement de son domicile. Quelques heures plus tard, son époux reçoit des appels anonymes exigeant une rançon de 1,5 million FCFA pour sa libération. Pris de panique, il sollicite des prêts auprès de proches et verse une avance de 246 000 FCFA par mobile money afin de sauver sa femme.
Alertée, la police criminelle se saisit de l’affaire. Grâce à la géolocalisation du téléphone utilisé pour les appels, les enquêteurs remontent la piste jusqu’à un motel discret de la commune de la Nsele. Enfonçant la porte de la chambre 204, ils découvrent une scène inattendue : la femme, vêtue d’une nuisette de soie rose, partageant un repas et des bières avec son amant de longue date. Aucun ravisseur, aucune séquestration, mais une mise en scène destinée à extorquer de l’argent.
La femme et son complice ont été arrêtés et sont poursuivis pour association de malfaiteurs, extorsion et simulation de crime. Ils devraient être présentés devant le procureur dans les prochains jours. Cette affaire illustre la recrudescence des faux enlèvements utilisés comme stratagèmes financiers et sentimentaux dans la capitale congolaise.
Pour le mari, la douleur est double : Il a cru perdre son épouse et a mobilisé toutes ses forces pour la sauver. L’affaire a été largement relayée, exposant sa famille à la honte sociale. Il doit désormais trouver les mots pour expliquer à ses cinq enfants que leur mère a simulé son enlèvement pour rejoindre un autre homme.
Ce père de famille devra expliquer avec honnêteté et simplicité que leur mère a commis une faute grave, que la justice est saisie, et que malgré la douleur, la famille doit rester soudée. L’affaire souligne l’importance de la transparence et de la confiance dans les foyers, tout en rappelant la nécessité pour les autorités de renforcer la lutte contre les faux kidnappings qui minent la sécurité publique à Kinshasa.





