RDC : 21 morts à Ngadi, Beni descend dans la rue

Les corps ont été portés à bout de bras dans les rues de Beni. Au lendemain du massacre de Ngadi, des dizaines d’habitants ont marché lundi pour exposer leurs morts et crier leur colère. Au moins 21 personnes ont été tuées dimanche dans cette localité du Nord-Kivu, lors d’une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF).

Une alerte ignorée

La société civile de Beni est formelle : ce massacre aurait pu être évité. Des signalements avaient été transmis aux autorités avant l’attaque. Aucune réponse adéquate n’a suivi. Cette défaillance alimente aujourd’hui la frustration des habitants, convaincus que les civils sont abandonnés face à des combattants qui frappent librement.

Les autorités locales ont répondu par un appel à la prudence, demandant aux populations d’éviter les zones forestières où les ADF sont régulièrement signalés. Un message qui sonne creux pour beaucoup, dans une région qui subit des attaques depuis des décennies.

Une spirale de violences

Ngadi n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs semaines, les territoires de Beni, Mambasa et Irumu sont frappés à répétition. Des organisations de défense des droits humains font état d’au moins 130 morts dans ces zones sur la même période.

Les ADF sévissent dans l’est du Congo depuis les années 1990. Originaire d’Ouganda, le mouvement a prêté allégeance à l’État islamique en 2019. Il est accusé de massacres, d’enlèvements et d’attaques systématiques contre les civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Des opérations militaires insuffisantes

Depuis 2021, les forces armées congolaises mènent des opérations conjointes avec l’armée ougandaise contre les ADF. Les attaques, elles, continuent. Des responsables locaux et des acteurs de la société civile dénoncent régulièrement les limites de ce dispositif militaire, incapable d’enrayer la violence sur le terrain.

Leurs demandes convergent : renforcer la présence sécuritaire dans les zones exposées et, surtout, prendre au sérieux les alertes communautaires. Car à Beni, les populations savent souvent ce qui se prépare dans la forêt. Encore faut-il que quelqu’un les écoute.

Daniel GABA DOVI (stagiaire)

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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