RDC : Tshisekedi menace de revoir ses relations avec l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Kenya, accusés de faciliter les activités de Joseph Kabila

Kinshasa hausse le ton contre trois partenaires africains. Le président congolais Félix Tshisekedi a menacé de réduire, voire de suspendre, la coopération stratégique entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud, le Zimbabwe ainsi que le Kenya. Le chef de l’État congolais accuse ces pays d’offrir à son prédécesseur, Joseph Kabila, la liberté de mouvement et l’espace politique nécessaires pour mener ce qu’il qualifie d’« activités criminelles » contre les intérêts de la RDC.

Cette sortie de Félix Tshisekedi marque un nouveau durcissement dans les relations déjà tendues entre le pouvoir de Kinshasa et l’ancien président Joseph Kabila. Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises multiplient les accusations à l’encontre de l’ancien chef de l’État, qu’elles soupçonnent de jouer un rôle politique et sécuritaire déstabilisateur dans le contexte du conflit qui secoue l’Est du pays.

Selon la présidence congolaise, plusieurs déplacements et activités de Joseph Kabila à l’étranger auraient bénéficié de la bienveillance de certains États de la région. Kinshasa estime que cette situation compromet les efforts de stabilisation du pays et porte atteinte à sa souveraineté.

L’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Kenya occupent une place importante dans la diplomatie régionale congolaise. Ces trois pays entretiennent des relations politiques, économiques et sécuritaires étroites avec la RDC et jouent régulièrement un rôle dans les initiatives de médiation concernant les crises régionales.

Les menaces formulées par Félix Tshisekedi traduisent ainsi une profonde frustration à l’égard de partenaires que Kinshasa accuse implicitement de ne pas tenir compte de ses préoccupations sécuritaires. Une éventuelle réduction de la coopération pourrait avoir des répercussions sur plusieurs dossiers, notamment la sécurité régionale, les échanges économiques et la coordination diplomatique au sein des organisations africaines.

Cette nouvelle offensive contre Joseph Kabila s’inscrit dans un contexte de rupture quasi totale entre les deux hommes. Longtemps alliés après l’élection de Tshisekedi en 2018, leurs relations se sont progressivement détériorées jusqu’à devenir ouvertement conflictuelles.

Pour le pouvoir en place, l’ancien président représente désormais une menace potentielle pour la stabilité des institutions. Du côté des proches de Joseph Kabila, les accusations du régime sont généralement dénoncées comme une tentative de marginalisation politique et de règlement de comptes.

La déclaration du président congolais pourrait raviver les tensions diplomatiques dans une région déjà confrontée à de multiples défis sécuritaires. Alors que l’Est de la RDC demeure le théâtre d’affrontements persistants entre groupes armés et forces gouvernementales, Kinshasa cherche à renforcer les soutiens internationaux à sa position.

Reste à savoir si cette menace de suspension ou de réduction de la coopération stratégique se traduira par des mesures concrètes ou si elle constitue avant tout un avertissement politique adressé aux capitales concernées. Une chose est certaine : le différend entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila dépasse désormais le cadre de la politique intérieure congolaise et prend une dimension régionale de plus en plus marquée.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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