Sénégal/Mbour : une femme poursuivie pour bigamie après un second mariage célébré à Kaolack

Le Tribunal d’instance de Mbour a examiné, le jeudi 18 juin 2026, une affaire de bigamie qui suscite un vif intérêt dans la région. La prévenue, identifiée sous les initiales M. D. Kane, est accusée d’avoir contracté un second mariage à Kaolack alors qu’elle était toujours légalement unie à T. A. Ndiaye, commerçant établi à Mbour.

D’après les éléments présentés à l’audience, le premier mariage avait été célébré à la fin de l’année 2025. Mais à peine deux mois plus tard, le 29 décembre, la jeune femme quittait le domicile conjugal sans procédure de divorce. Quelques semaines après, elle aurait célébré une nouvelle union religieuse et civile à Kaolack, en violation des dispositions du Code de la famille sénégalais, qui interdit la coexistence de deux mariages légaux pour une même personne.

Le premier époux, découvrant la situation, a saisi la justice pour bigamie, infraction prévue et punie par les articles 331 et suivants du Code pénal sénégalais. Ces textes stipulent que « quiconque contracte un nouveau mariage avant la dissolution du précédent encourt une peine d’emprisonnement et une amende ».

Lors de l’audience, la prévenue a reconnu les faits tout en invoquant des « difficultés conjugales » et une « séparation de fait ». Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, le temps de vérifier la validité des actes de mariage et d’entendre les témoins.

Cette affaire relance le débat sur la confusion entre séparation et divorce dans certaines localités, où les pratiques coutumières et religieuses s’entremêlent souvent avec le droit civil. Elle illustre aussi la nécessité d’une meilleure sensibilisation des citoyens aux conséquences juridiques des unions multiples.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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