Togo/CHR de Dapaong : le cri d’alarme d’un fils des Savanes face à l’abandon du principal hôpital de la région

Dans une lettre ouverte adressée aux cadres, natifs et membres de la diaspora des Savanes, Frédéric Nadiédjoa Sanwogou, alias Safréna, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation des conditions de fonctionnement du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Dapaong. Il appelle à une mobilisation collective pour sauver un établissement confronté à une pénurie de personnel et à des infrastructures devenues insuffisantes.

Le Centre Hospitalier Régional de Dapaong traverse une période particulièrement difficile. Selon l’auteur de la lettre, la forte croissance démographique observée dans la région des Savanes, accentuée par l’afflux de populations déplacées en raison de l’insécurité dans certaines zones du nord du Togo et des pays voisins, exerce une pression sans précédent sur les services de santé.

Face à cette demande grandissante, les capacités d’accueil et les ressources humaines de l’établissement peinent à suivre, provoquant une dégradation progressive de la qualité de la prise en charge des patients.

Dans son adresse, Frédéric Nadiédjoa Sanwogou déplore un manque criant de sages-femmes, d’accoucheuses, d’infirmiers et d’agents d’entretien. Une situation qui entraîne de longues attentes pour les patients et accroît considérablement la charge de travail du personnel en place.

Selon lui, les soignants exercent dans des conditions difficiles, marquées par l’épuisement, le stress et un sentiment d’abandon. Il souligne également l’insuffisance du nombre de gardes-malades, dont le rôle reste essentiel dans l’accompagnement quotidien des patients hospitalisés.

La lettre met également en lumière l’état préoccupant des infrastructures hospitalières. Certaines salles d’hospitalisation seraient régulièrement surchargées, au point de ne plus garantir des conditions d’accueil compatibles avec la dignité des malades.

L’auteur évoque notamment des situations où des patients sont contraints d’être installés sur des matelas posés à même le sol. Il affirme également que certains médecins ne disposent pas de bureaux adaptés à l’exercice de leurs fonctions.

Estimant que le silence des élites régionales contribue à aggraver la situation, Frédéric Nadiédjoa Sanwogou invite les cadres des Savanes ainsi que les ressortissants vivant à l’étranger à s’engager davantage en faveur du développement sanitaire de leur région d’origine.

Il les exhorte à mettre leur influence, leurs compétences et leurs ressources au service du CHR de Dapaong afin d’améliorer les conditions de travail du personnel soignant et la qualité des soins offerts aux populations.

Pour répondre à l’urgence, l’auteur recommande notamment :

  • la création d’un collectif des fils et filles des Savanes, incluant la diaspora, dédié au soutien du CHR de Dapaong ;
  • un plaidoyer auprès des autorités et des partenaires pour le recrutement exceptionnel de personnel soignant et d’entretien ;
  • Une mobilisation financière destinée à la réhabilitation et à l’extension des infrastructures hospitalières.

À travers cette lettre, l’auteur lance un appel pressant à la solidarité régionale, estimant que l’avenir sanitaire des Savanes dépendra de la capacité de ses filles et fils à s’unir autour des défis que connaît aujourd’hui le principal hôpital de la région.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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