Niger : Niamey accorde un ultimatum de 45 jours aux compagnies pétrolières chinoises pour rapatrier plus de 3 000 milliards de FCFA

Le gouvernement nigérien a donné un délai de 45 jours aux sociétés chinoises opérant dans le secteur pétrolier, notamment la CNPC, la WAPCO et la SORAZ, afin de régulariser plusieurs manquements liés à l’exécution des accords conclus en mai 2026. Au cœur du différend figure le non-rapatriement de plus de 3 000 milliards de FCFA de recettes issues des exportations de pétrole brut, que Niamey estime revenir à l’État nigérien.

Les autorités nigériennes durcissent leur position à l’égard de leurs partenaires pétroliers chinois. Réuni le 13 octobre 2026, le comité de négociation mis en place par l’État du Niger a accordé un délai de 45 jours à la China National Petroleum Corporation (CNPC), à la West African Oil Pipeline Company (WAPCO) et à la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ) pour corriger plusieurs insuffisances relevées dans la mise en œuvre du protocole d’accord signé en mai dernier.

Selon les autorités de Niamey, plus de 3 000 milliards de FCFA de recettes générées par les exportations pétrolières n’auraient pas été rapatriées vers le Niger conformément aux engagements pris entre les différentes parties. Le gouvernement considère que ce montant correspond au reliquat devant revenir à l’État après le remboursement du prêt de 400 millions de dollars contracté en 2024 dans le cadre des opérations pétrolières.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, estime que cette situation a eu des conséquences directes sur les finances publiques. Selon lui, le Trésor public aurait été privé de près de 17,4 milliards de FCFA de recettes, tandis que le système bancaire national n’a pas bénéficié des ressources financières attendues.

Outre le rapatriement des recettes pétrolières, les autorités nigérianes exigent la mise en œuvre de plusieurs mesures correctives. Celles-ci concernent notamment le recrutement accru de cadres et techniciens nigériens, la réalisation d’audits des ressources humaines au sein des sociétés concernées, la coopération dans le processus de certification indépendante des réserves pétrolières ainsi que l’application des mécanismes proposés par la BCEAO pour le transfert des revenus d’exportation.

Le gouvernement prévient qu’à l’issue du délai accordé, il évaluera le niveau d’exécution de ses exigences et prendra les mesures qu’il jugera appropriées en fonction des résultats observés.

Cette nouvelle tension intervient quelques mois après la signature, en mai 2026, d’accords stratégiques entre le Niger et ses partenaires chinois. Ces accords prévoyaient notamment le relèvement à 45 % de la participation de l’État nigérien dans la WAPCO, la réduction du coût du transport du pétrole brut par pipeline de 27 à 15 dollars par baril ainsi que l’obligation de rapatrier les recettes d’exportation du pétrole vers le Niger.

Le secteur pétrolier est devenu l’un des piliers de l’économie nigérienne depuis l’entrée en service du pipeline d’exportation reliant les champs pétroliers du bassin d’Agadem au terminal de Sèmè-Kpodji au Bénin. Les revenus tirés des exportations constituent désormais un enjeu majeur pour les finances publiques et la stratégie de souveraineté économique des autorités nigériennes.

Source : La Nouvelle Tribune, « Pétrole : le Niger lance un ultimatum de 45 jours aux sociétés chinoises », publié en octobre 2026, sur la base des déclarations du comité de négociation nigérien et du ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré.

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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