RDC : le phénomène « Mpuku Amemi Congélateur » inquiète les autorités sanitaires

Une pratique de consommation détournée de médicaments gagne en visibilité en République démocratique du Congo (RDC). Baptisé « Mpuku Amemi Congélateur », ce phénomène, qui repose notamment sur le mélange de Tramadol et de Diazépam à des fins stupéfiantes, suscite une vive préoccupation au sein de l’opinion publique et des professionnels de santé en raison de ses conséquences potentiellement graves sur la santé des jeunes.

La République démocratique du Congo fait face à une inquiétante montée d’un phénomène connu sous le nom de « Mpuku Amemi Congélateur ». Selon plusieurs alertes relayées dans le pays, cette pratique consiste à détourner l’usage de médicaments normalement destinés à des traitements médicaux afin de rechercher des effets psychotropes.

Le procédé repose notamment sur l’association du tramadol, un antalgique opioïde, et du diazépam, un médicament anxiolytique appartenant à la famille des benzodiazépines. Mélangés à de l’eau puis consommés, ces produits sont utilisés pour provoquer des sensations d’euphorie, de somnolence ou d’altération de la perception.

Les professionnels de santé mettent en garde contre les dangers liés à cette consommation détournée. La combinaison de ces substances agit directement sur le système nerveux central et peut entraîner de nombreuses complications.

Parmi les risques identifiés figurent les troubles de la conscience, les difficultés respiratoires, les pertes de mémoire, la dépendance, les accidents liés à la perte de vigilance ainsi que les surdoses pouvant engager le pronostic vital. Chez les jeunes consommateurs, les conséquences peuvent également affecter les performances scolaires, l’équilibre psychologique et l’insertion sociale.

Les spécialistes rappellent que le tramadol et le diazépam sont des médicaments soumis à des indications thérapeutiques précises et que leur utilisation en dehors d’un cadre médical constitue un danger majeur pour la santé publique.

Face à l’ampleur croissante du phénomène, plusieurs voix appellent à une réponse coordonnée des pouvoirs publics. Les ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Jeunesse, ainsi que le Conseil national de la jeunesse, sont invités à renforcer les campagnes de sensibilisation afin d’informer les jeunes sur les dangers liés à la consommation abusive de médicaments.

Les acteurs de la société civile estiment également nécessaire de développer des programmes de prévention dans les écoles, les universités et les centres de formation afin de réduire l’exposition des adolescents et des jeunes adultes à ce type de pratiques.

Les pharmaciens et les professionnels du secteur pharmaceutique sont également appelés à jouer un rôle central dans la lutte contre ce phénomène. Le respect strict des règles de délivrance des médicaments soumis à prescription médicale apparaît comme un levier essentiel pour limiter leur détournement à des fins récréatives ou addictives.

Au-delà du contrôle de la chaîne d’approvisionnement, les experts insistent sur l’importance de la sensibilisation des familles et de l’accompagnement des jeunes déjà confrontés à des situations de dépendance.

La lutte contre le phénomène « Mpuku Amemi Congélateur » apparaît ainsi comme un enjeu majeur de santé publique en RDC, où la prévention, l’éducation sanitaire et le contrôle de l’accès aux médicaments sont considérés comme les principaux outils pour protéger la jeunesse contre les dérives liées à la toxicomanie.

Source : informations relayées par des acteurs de santé publique et de sensibilisation en République démocratique du Congo sur le phénomène « Mpuku Amemi Congélateur ».

Komla AKPANRI
Komla AKPANRI

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